Bucheron

Qui étaient ces hommes des bois?

Jusqu’au milieu du XXe siècle, le bûcheron était agriculteur, chasseur ou chômeur et bûchait en hiver pour compléter son salaire. Au-delà de la motivation financière, bûcher tenait de l’émancipation personnelle ou d’un voyage vers l’inconnu. Comme les Canadiens, beaucoup d’immigrés européens (Écossais, Irlandais) travaillaient dans les forêts.

 

Les anciennes techniques de coupes forestières

Les abatteurs coupaient l’arbre à deux, face à face, et assenaient le tronc avec une hache à environ 23 po (60 cm) du sol. Quand les coupes opposées se rejoignaient, l’arbre tombait.

Au XIXe siècle, on utilisait le godendard, une scie de 78 po (2 m) à deux poignées pour deux hommes, qui fut plus tard remplacé par la sciotte.

 

La compagnie forestière recrute…

Les bûcherons étaient recrutés par des annonces dans les journaux locaux ou simplement devant le chantier. Des contrats de travail étaient signés entre employeur et employés, puis approuvés par un notaire. Au début du XXe siècle, un bûcheron était payé de 8 $ à 12 $ par mois et disposait d’une avance salariale.

 

Le camp des bûcherons

Le camp était construit avant l’arrivée des bûcherons et regroupait cinq ou six baraques fabriquées de façon à économiser la chaleur et ayant chacune une fonction bien déterminée (salle à manger, cuisine, dortoirs, cache, office, toilettes et écuries).

Les hommes commençaient à travailler à 7 h et mangeaient en forêt le midi. Après le souper, au camp, ils jouaient aux cartes ou lisaient, limaient les lames, réparaient les outils de coupe et lavaient leur linge. Ils se couchaient à 21 h pour se lever à l’aube. Le samedi soir permettait des moments de détente : musique, danse et contes.

Au début, les hommes vivaient avec les parasites et le manque d’hygiène était grave. Face à ces problèmes, dans les années 1950, un inspecteur et un médecin venaient fréquemment au camp pour vérifier la santé des hommes.

La religion était importante pour les gens de l’époque et elle les aidait à se protéger de leur condition de travail difficile, c’est pourquoi ils se confessaient et communiaient. Des curés prêchaient parfois dans la chapelle du camp.

 

Après le cheval, le tracteur

Dans les années 1940, on vit apparaître la scie mécanique, mais elle ne fit pas l’unanimité, car on la croyait inappropriée pour des coupes efficaces. À la même époque, des tracteurs remplacèrent les chevaux de trait qui débardaient les billots de bois auparavant.

 

Bibliographie

  • Guy Arcand, Glossaire des chantiers en Mauricie, les expressions de chez-nous 1850-1950, brochure, n.p., n.d.
  • Guy Arcand, Le musée du bûcheron de Grandes-Piles, description des camps 1850-1950, brochure, n.p., août 2005.
  • Lynda Dionne et Georges Pelletier, Des forêts et des hommes : 1880-1982, photographies du Québec, Sainte-Foy, Archives nationales du Québec : Publications du Québec, 1997.
  • J.-Éric Hudon (dir.), Vocabulaire forestier français-anglais avec définitions françaises, Québec, La Forestière, 1946.
  • Michel Picar et Julie Montagnard, Le bûcheron, Paris, Berger-Levrault, 1979.
  • Jeanne Pomerleau, Bûcherons, raftmen et draveurs, 1850-1960, Sainte-Foy, J.-C. Dupont, 1997.