Draveur

Le mot éédraveéé vient de léanglais éédriveéé (conduire).

 

Céest quoi draveré

Au XIXe siécle, le draveur transportait les pitounes (billots) en les faisant flotter des chantiers forestiers jusquéau fleuve Saint-Laurent. Au printemps, les billots destinés é la construction et é léindustrie papetiére et entreposés léhiver sur les rives se libéraient de la glace et flottaient alors sur léeau dégelée.

 

Un métier plein déembéches

Le draveur, chaussé déune paire de bottes plaquée de pitons métalliques, se tenait en équilibre et en souplesse sur ces rondins instables en évitant de tomber dans les eaux glacées. é léaide déune perche en bois crochetée appelée tourne-billes, il dirigeait les troncs flottants. De temps é autre, avec beaucoup de précautions, il utilisait de la dynamite pour décoincer les billots pris dans un passage étroit ou dans la glace.

De longs canaux appelés glissoirs, alimentés en eau par des barrages et soutenus par une armature en bois, facilitaient le transport dans les chutes déeau et évitaient la dégradation des billots par les berges. Un éclaireur prévenait les draveurs des risques des chutes déeau ou des rétrécissements de berges.

Ces convois bien structurés duraient de vingt é trente jours. é 18 h, les hommes séarrétaient sur les berges, enlisaient les billots et les contenaient gréce é de petits barrages. Ils mangeaient et dormaient sous des tentes et reprenaient leur activité dés 4 h du matin. La logistique du camp était la téche déun homme qui les devanéait é cheval.

 

Qui étaient ces hommesé

Les draveurs étaient Canadiens franéais, Acadiens, Irlandais, écossais ou Anglais (les contremaétres). Parfois bécherons, souvent solitaires, ils vivaient toujours dans des conditions difficiles. Le salaire moyen était de 8é$ par mois en 1860, et de 8é$ par semaine en 1920.

 

La fin de la drave

Au cours du XXe siécle, le train remplaéa la drave. La prise de conscience écologique mit en lumiére des faits tels que la pollution de léeau par le mercure présent dans léécorce de résineux. On interdit donc le flottage en 1995, et des campagnes de sensibilisation et de nettoyage des riviéres furent organisées par les compagnies forestiéres.

 

Bibliographie

  • Lynda Dionne et Georges Pelletier, Des foréts et des hommesé: 1880-1982, photographies du Québec, Sainte-Foy, Archives nationales du Québecé: Publications du Québec, 1997.
  • J.-éric Hudon (dir.), Vocabulaire forestier franéais-anglais avec définitions franéaises, Québec, La Forestiére, 1946.
  • Normand Lafleur, La drave, des origines é nos jours, Saint-Boniface, éditions du Grand Rang, 1995.
  • Jeanne Pomerleau, Bécherons, raftmen et draveurs, 1850-1960, Sainte-Foy, J.-C. Dupont, 1997.