Écorceur de pruches

Depuis l’Antiquité, les hommes exploitent les propriétés des tanins pour transformer les peaux en cuirs. Dans cette optique, dans l’Europe médiévale, les écorces de chêne et de châtaigner étaient broyées dans les moulins à tan.

 

La pruche du Canada

Au Québec, le tanin provient de la pruche du Canada, qui remplaça le chêne pour les colons européens. Cette essence pousse dans l’Est canadien, dans les Maritimes et au Québec.

 

Le temps des écorceurs

Au printemps, la sève suinte et humidifie le tronc : c’est le temps de décoller l’écorce. Pour cela, soit l’ouvrier prélevait l’écorce directement sur l’arbre encore debout, exploitant un mètre de la totalité du tronc, soit la pruche était abattue, ce qui permettait à l’écorceur d’extraire le maximum de cette enveloppe naturelle. L’ouvrier incisait le tronc par un trait horizontal et un trait vertical, puis il tirait doucement l’écorce fine selon un angle précis.

 

L’écorce devient tanin

L’écorce était séchée un certain temps. Le tanneur l’achetait puis la broyait grâce aux moulins de tan (moulins à eau, à vent ou à traction animale). On construisait ces moulins à proximité des forêts, car l’écorce, une fois prélevée, perdait rapidement son tanin.

Pour les ramollir, on trempait les peaux dans de l’eau additionnée de chaux, puis on les grattait pour en enlever les résidus. On les mettait ensuite dans un bain avec l’écorce broyée, ce qui rendait les futurs cuirs imputrescibles.

 

Québec, première ville d’importation d’écorce de pruche

L’écorçage a été la première industrie à Québec. En effet, en 1668, la ville était le plus important centre de transformation des peaux de la Nouvelle-France et on y vendait l’écorce à la corde!

 

Une activité gaspilleuse de l’arbre

Le problème de l’écorçage des pruches était l’énorme gaspillage du bois. Quand l’écorce était prélevée, seulement 20 % de l’arbre était utilisé et le reste était abandonné! Aujourd’hui en raison de cette ancienne industrie, il est plus difficile de rencontrer des pruches dans les forêts.

 

L’apparition des machines

Vers 1810, à cause de la forte croissance démographique au Québec et de la demande accrue de cuir, les écorceurs de pruches augmentèrent leur activité et les superficies de pruche baissèrent drastiquement.

La profession d’écorceur de pruche fut remplacée par les nouvelles abatteuses-écorceuses dans les années 1960.

 

Bibliographie

  • J.-Éric Hudon (dir.), Vocabulaire forestier français-anglais avec définitions françaises, Québec, La Forestière, 1946.
  • Bibliothèque et Archives nationales du Québecwww.banq.qc.ca (page consultée le 30 mai 2012).