Métiers dans les scieries

Les premières scieries étaient des constructions simples, équipées d’une scie à va-et-vient actionnée par la force hydraulique. D’abord, elles n’étaient destinées qu’aux habitants riverains et pouvaient produire 500 planches par jour. Elles tenaient une place centrale dans les villages, comme la forge et le moulin à farine, et embauchaient des saisonniers.

Pour l’exportation, de plus grosses scieries produisaient plus de billots et de planches à la journée, avec des techniques plus pointues et des lames plus performantes.

Au XIXe siècle, les lames circulaires étaient utilisées pour le délignage et l’équarrissage. L’ancienne lame a été remplacée par la scie à ruban tournant en continu. Pour alimenter la scierie, la vapeur est de plus en plus courante, car elle offre une rapidité accrue et permet l’installation des sites ailleurs que près des rivières.

En 1830, par jour de travail de 12 heures, une grosse scierie produisait 7 500 m; en 1850, 18 000 m et en 1900, elle dépassait les 180 000 m par jour. Ces grandes scieries étaient concentrées géographiquement, étant donné les énormes investissements qu’elles demandaient, dépassant les milliers de dollars. Elles employaient aussi une main-d’œuvre importante : on estimait à 4 000 le nombre d’ouvriers des six scieries de la Chaudière en 1870.

Les scieries ont créé des villes et des villages cloisonnés en forêt comme Hull, Joliette, Grandes-Piles, Chicoutimi et Rivière-du-Loup.

Les scieries étaient des endroits dangereux, et beaucoup d’ouvriers sont morts sous les dents acérées des lames. Malgré l’interdiction d’employer des enfants de moins de 12 ans, ils étaient recherchés pour leur petite taille : on leur demandait de s’infiltrer dans les rouages et de débloquer les machines à scier. Des drames arrivaient, car certaines machines redémarraient soudainement alors que l’enfant était bloqué dans les rouages.

Après 1945, la mécanisation et de nouvelles techniques font leur arrivée. L’électricité remplaça la vapeur, et de nombreuses machines à scier apparurent. De plus en plus automatisées, les scieries font de moins en moins appel à la main d’œuvre humaine, causant une hausse du chômage dans plusieurs régions. Aujourd’hui, les scieries sont totalement informatisées, demandent peu d’ouvriers et ont un rendement énorme.

 

Bibliographie

  • Lynda Dionne et Georges Pelletier, Des forêts et des hommes : 1880-1982, photographies du Québec, Sainte-Foy, Archives nationales du Québec : Publications du Québec, 1997.
  • L’Encyclopédie canadiennewww.thecanadianencyclopedia.com (page consultée le 18 mai 2012).